Endimanché

Endimanché.

J’y donnerai plus du personnel, au jour des seigneurs.
Cocorico mon cul, celui qu’a pas pondu
Le trône est vacant, mes sujets sont ailleurs.

ZK

Le nid.

On s’en rend vite compte, ou p’tètre trop tard, je sais pas, en tout cas ou s’en rend compte tôt ou tard qu’on y a laissé des plumes dans le nid virginal. Ces mêmes volantes incapables de nous faire dégringoler plus bas qu’au tronc de l’arbrisseau familial, elles puent jusqu’au ciel. Ces moignons enguirlandés qui ne semblaient bons qu’à balayer l’air et signaler une faim pressante ils marchaient fissa. Le moindre vrombissement et tout rentrait dans l’ordre, tout était englouti et oublié. Aucun remords. Les insectes, les odeurs, le printemps, les émois. On y prenait gout à s’te reflex et à la barbaque. On claquait du jabot de plus belle, et virilement la confiance les envoyait au diable les plumes de lait. Vite fait. Voilà ce qui arrivait. On s’en allait gouter à la griserie du tapis bleu, parce que les nouvelles plumes elles sont taillées pour ça, la chevance, caresser les cimes, dévaler l’oubli et branler l’ivresse. Seulement voilà, l’odeur des premières frétillantes c’est tenace.
On les retrouve dans l’oreiller, au détour d’un rêve mal fini en kodachrome. Le même fumier désaturé qui vient chatouiller les vibrisses là au coin d’la rue. Et après on se retrouve bien con à battre du sabot en scrutant les étoiles.

ZK

Rouault.

rouault

Georges Rouault, la fille au miroir, 1907.

Je me souviens de mes premières rencontres avec eux, les divins émissaires.
Georges Rouault en est. Lui, il avait pénétré mon âme par capillarité. En aquarelliste. A la sauce nuit encre. Une noirceur qui chante la fierté des damnés, le p’tit sanctus de fausset que rien n’apaise. Plus possible de retourner dans sa cellule capitonnée d’évangiles quand on a touché à ce lavis là. Pas sans amertume. Et surtout pas sans béguin. Ce dardant qui à force ne demande plus grand chose. Et il en faut pour la peindre comme ça la loute au miroir. Comme Céline et sa Musine au bout de la nuit. On biche en foutu, ça caresse, ça déborde, ça flagelle. On sait pas comment l’affronter ce reflet dans le miroir, faut y mettre du courage pour s’y voir, l’œil en coulisse. Matons voir du fatalisme. Et puis il y a ce geste. La mimine qui s’en va réajuster la coquetterie là haut. La pudeur. Celle qu’on y met à la vie, sapée comme une valse slave. L’orchestre redémarre sans rien demander au lendemain, tout ira bien fait la toupie.

ZK

Ascenseur pour l’ échafaud

Il y en a des trucs comme ça, aux petits oignons, qui impriment le mou et qui ressurgissent une nuit au coin de la rue. Mais c’est d’une autre trempe. C’est passé dans la peau, et ça pique costaud. C’est là qu’on se les roule en écharpe les parties nobles, amor fati, les savates et la sauvagerie finiront la ballade.

ZK

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Par la queue

Je cache derrière mes visions vernis

Une âme qui sent la pisse, et un cœur qui pompe son vin.

Ivre, je chasse le destin à mains nues,

Je lui tire sa queue fourchue, mijaurée satanique.

Je t’ attends huron, de pied pas très ferme.

ZK

Friday’s child

From the north
To the south,
Ya’ walked all the way.
Ya’ know ya’ left your,
Left your home
For good to stay,
While ya’ built all,
All of your castles
In the sun,
And I watched ya’ knock ’em down,
Knock ’em down, each and every one.
Whoa-oh, friday’s child
Ya’ can’t stop now.
No.
Whoa-oh, friday’s child
Ya’ can’t stop now.

And I watched you
‘fore you ‘came too old
And I tol’ ya’
A long time before ya’ ever came to be told,
« you’ve got somethin’
That they all wanna know.
You gotta hold on
And never ever let go. »
Whoa-oh, friday’s child

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Jeanne 1921/2009.

nostalghia2

Je suis parti te voir ce matin. J’ai escaladé le noyer et c’était coton. Six ans, ça en fait de la branche fraiche. La fenêtre venait pas facile non plus. Il m’a fallut la bucher pour que j’y passe la tête et le reste.

L’odeur était là, douce…
Le silence aussi. Beaucoup. Jusqu’aux yeux.

J’ai attendu le soir assis sur le lit. Pour voir le dardant papouiller les feuilles du noyer. Avec les mésanges, les merles, les pinsons, les bouvreuils, les rougequeues, les bergeronnettes. Mais surtout le merle qui parlait beaucoup.

J’y ai mis du sel à mes joues avant d’arriver à le dire… Il te parlait. Tu es libre. Va en paix.

 

ZK

Goodnight Irene.

Waits, il m’a poignardé y’a bien longtemps, en costo. Je lui ai collé un drain à cette virgule pour laisser les miasmes s’échapper. Les sauciers appellent ça la navrance, le nuage, les papillons noirs. Comme j’ai l’âme chatouilleuse j’évite de trop l‘astiquer ce canal là. Mais il perle à l’alambic. Bon Dieu, quand ça remue l’étouffoir comme ça c’est que le destin s’en mêle et là faut juste s’asseoir et se laisser pousser les poils au coeur.
ZK

Vagabondage

J’en avais 16 ou 17 de ces foutues années quand je l’ai maté. Paris-Texas. Je me rappel de la scène du super 8 quand j’ai du réprimer un truc étrange pour la première fois, une bouffée d’angoisse qui s’appel l’âge adulte. Sois un homme mon fils. Pour Nastassja Kinski j’aurai pu l’être pour sûre, mais sinon pour le reste…Nada. ET vingt ans plus tard je me retrouve avec la moustache de Harry, le vagabond.

Assomption, encore.

Y’en a des comme ça des saltimbanques. Ceux qui sont habités. Je sais pas par quoi, je m’en fiche. Ils déplacent des meubles en moi et que j’ai envie de les aider à la bousiller ma bicoque. C’est pas que ce sont des devins, nan. Ils ont juste miré à temps cette fêlure au ciel, celle qui met beaucoup de temps à lézarder le plafond des autres. Cette rude saloperie ils l’ont mis en vers, pour ne pas la défrusquiner la mystérieuse. Je la reconnais. Aboule, ma dessalée. La vierge est montée au ciel y’a deux jours , on se rabiboche.

ZK